
-
Bébé tué avec du Destop: verdict attendu jeudi pour l'ex-employée de crèche
-
Netanyahu en visite en Hongrie, défi au mandat d'arrêt de la CPI
-
Séisme en Birmanie: le chef de la junte attendu à Bangkok
-
Les marchés asiatiques secoués par l'offensive douanière de Trump
-
Glyphosate: Bayer au tribunal face aux parents d'un enfant handicapé
-
Face aux visées américaines, la Première ministre danoise au Groenland pour "renforcer" les liens
-
Les alliés européens de l'Otan fébriles avant l'arrivée du secrétaire d'Etat américain
-
Trump déclare la guerre commerciale au monde, en pilonnant l'Asie et l'Europe
-
Coupe du Roi: le FC Barcelone mate l'Atlético Madrid et rejoint le Real en finale
-
Coupe de France: Cannes tombe en combattant contre Reims, qui défiera Paris en finale
-
Angleterre: de l'élan pour Manchester City, le derby pour Liverpool
-
Haïti: des milliers de manifestants dans les rues de Port-au-Prince contre l'insécurité
-
Angleterre: Manchester City lance le sprint final par une victoire
-
Trump assomme l'Europe et l'Asie de droits de douanes
-
Le réalisateur italien Nanni Moretti en soins intensifs (médias)
-
Trump dégaine ses nouveaux droits de douane pour mettre fin au "pillage" de l'Amérique
-
Israël morcèle Gaza, accentue la pression sur le Hamas pour récupérer les otages
-
La réforme du scrutin à Paris, Lyon et Marseille franchit une haie à l'Assemblée
-
La Bourse de Paris en repli avant les annonces douanières de Trump
-
Séisme en Birmanie: la junte décrète un cessez-le-feu, des survivants réclament de l'aide
-
Eric Coquerel (LFI) ira à Bercy pour consulter "le dossier fiscal de Bolloré"
-
Les Bourses européennes terminent en recul
-
Cacao: le prix d'achat aux planteurs ivoiriens relevé de 22,2%, nouveau record
-
Le Pen: Macron et Bayrou apportent un soutien ferme à l'indépendance de la justice
-
"Jour de la libération": Trump dégaine ses nouveaux droits de douane
-
Wall Street ouvre en nette baisse avant les droits de douane
-
L'avenir industriel de Fos en débat public pour trois mois, une première en France
-
Manoeuvres militaires dans le détroit de Taïwan : Pékin annonce avoir "atteint tous ses objectifs"
-
"Le jour de la libération": Trump prêt à lancer une bataille commerciale mondiale
-
Au Nigeria, le président remplace les dirigeants de la compagnie pétrolière nationale
-
Mort de Jean-Yves Haberer, qui a mené le Crédit Lyonnais à la quasi-faillite
-
Mort à 65 ans de Val Kilmer, anti-héros hollywoodien de "Top Gun" aux "Doors"
-
Royaume-Uni: les visiteurs européens à leur tour soumis à un permis d'entrée
-
Soupçons d'abus de biens sociaux: l'homme d'affaires Michel Ohayon et d'ex-subordonnés en garde à vue
-
Séisme en Birmanie: près de 2.900 morts, selon un nouveau bilan de la junte
-
Cybersécurité: le directeur général de l'Anssi prône "la maîtrise de technologies clés"
-
La Chine teste les points faibles de Taïwan lors de nouvelles manoeuvres militaires "paralysantes"
-
Le Pen: le calendrier judiciaire s'accélère, le RN satisfait
-
Michel Drucker: la retraite dans "un an ou deux"... ou jamais?
-
Avenir industriel de Fos: ouverture d'un débat public global, une première en France
-
Warner présente le "Superman" nouveau et le dernier film de DiCaprio au salon CinemaCon
-
Espagne: accusé d'avoir dissimulé des revenus, Ancelotti assure n'avoir jamais voulu frauder
-
Foot: l'international français Ben Yedder signe en Iran, au Sepahan SC
-
Mort à 65 ans Val Kilmer, anti-héros hollywoodien de "Top Gun" aux "Doors"
-
Salvador: le président Bukele fier de son alliance de la "poigne de fer" avec Trump
-
Israël annonce vouloir s'emparer de "larges zones" de Gaza
-
"Comme vivre en enfer" : à Mandalay en Birmanie, un monastère bouddhiste dévasté par le séisme
-
Trump prêt à lancer la mère de toutes les batailles commerciales
-
En pleine campagne au Yémen, Trump dépêche un deuxième porte-avions au Moyen-Orient
-
Taïwan: manoeuvres militaires de Pékin pour simuler des "frappes" et un "blocus"

Les éléphants de forêt exaspèrent les villages du Gabon
Au Gabon, là où s'enchevêtre le territoire des humains et des animaux sauvages, les incursions de plus en plus fréquentes des éléphants dans les villages et leurs dégâts réguliers sur les cultures exaspèrent les populations qui voudraient pouvoir les tuer.
"La solution pour dégager les pachydermes c'est de les abattre", assène Kévin Balondoboka, un habitant de Bakoussou, un ensemble de cases en bois perdues dans l'immensité verte du pays.
Ici tout le monde redoute les rencontres avec ces géants: sur la route, lorsque femmes et enfants vont se laver au ruisseau et surtout dans les plantations agricoles où ils ravagent les récoltes.
Grâce à ses politiques strictes de conservation, ce pays couvert à 88% de forêts est devenu "le pays refuge des éléphants de forêts", explique le Dr Léa Larissa Moukagni, en charge du programme "conflit homme-faune" au sein de l'Agence nationale des parcs nationaux (ANPN).
Mais peu importe que les "Loxodonta cyclotis" d'Afrique de l'Ouest - plus petits que les éléphants de savane- soient "en danger critique d'extinction", les villageois vivent leur présence comme une nuisance.
Et avec "95.000 spécimens face à une population de deux millions d’habitants, la problématique est bien réelle", souligne Aimé Serge Mibambani Ndimba, haut-fonctionnaire au ministère de l'Environnement, du Climat et du Conflit Homme-Faune, crée par le gouvernement de transition pour apaiser les tensions.
- "Dévastations" -
"Qu'est ce que les hommes du gouvernement protègent? L'être humain ou la bête? Je ne sais pas ce que l'éléphant leur rapporte", s'emporte Mathias Mapiyo, un habitant de Bakoussou.
"Nous subvenons aux besoins de nos enfants à travers l'agriculture, rappelle Viviane Métolo, du même village. "Maintenant que cette agriculture est au bénéfice de l'éléphant. Que va-t-on devenir?"
William Moukandja, chef d'une brigade spécialisée, est habitué à ces protestations: "Le conflit homme-faune aujourd'hui est permanent, on le retrouve sur toute l'étendue du territoire national où l'on recense les dévastations du nord au sud et d'est en ouest".
"Les populations pensent qu'il y a plus d'éléphants qu'avant, scientifiquement c’est prouvé", précise le Dr Léa Larissa Moukagni. Et les animaux n'hésitent plus à s'approcher des villages et parfois même des villes, "espaces plus ou moins calmes" pour eux.
Pour protéger les plantations, l'agence ANPN expérimente la pose de clôtures électriques, destinées non pas à tuer mais à "impacter psychologiquement l'animal" pour le repousser.
Mais pourquoi les éléphants quittent-ils la forêt profonde ?
Le changement climatique a un impact sur les végétaux et la nourriture disponible, les humains exploitent des terres qui constituent leur milieu naturel, le braconnage en forêt profonde désorganise les troupeaux, explique le Dr Moukagni. En trois décennies, 86% des éléphants de forêt ont disparu, selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la Nature établie en 2021.
- "Responsabilité" -
L'espèce n'est pas prête de disparaître au Gabon mais le pays a une "double responsabilité", estime le Dr Moukagni: la garder "vivante pour le monde et pour la pérennité des forêts".
Début décembre 2023, trois mois après son coup d'Etat, le président de transition, le général Brice Oligui Nguema, a pris ouvertement position pour les "victimes (du) conflit Homme-Faune", dans un discours en rupture avec la priorité de conservation du régime précédent.
"Je vous autorise à abattre ces éléphants (…) Je suis un humaniste", avait-t-il lancé sous les applaudissements, en annonçant avoir demandé la libération "sans délai et sans conditions de toutes les personnes emprisonnées pour avoir tué les éléphants".
"Le message a été fort auprès des populations", mais "lorsque le président avait dit +abattez les+, il faisait allusion à la légitime défense" prévue par la législation, assure Jérémy Mapangou juriste de l'ONG Conservation Justice.
La chasse et la capture des éléphants sont interdites et passibles de prison au Gabon, et le trafic d'ivoire sévèrement réprimé. Mais les abattre est autorisé en cas de légitime défense: il faut alors informer l'administration, avoir une arme en règle, établir un constat après la mort de l'animal et remettre les ivoires, "propriété de l’Etat".
Les communautés les plus impactées peuvent également formuler des plaintes et demander des "battues administratives" pour se débarrasser des fauteurs de trouble.
"Mais comment peut-on déposer plainte contre un éléphant ?", ironise, peu convaincu, Marc Ngondet, le chef du village de Bakoussou.
Au ministère de l'Environnement, Aimé Serge Mibambani Ndimba, chargé de la gestion de la Faune, assure que "la protection des éléphants reste une priorité". Tout en soulignant que les efforts pour concilier protection de la faune et bien être des populations méritent "la contribution du monde entier".
Car cet animal "jardinier des forêts" joue un rôle crucial pour la biodiversité des forêts du bassin du Congo, qui représentent après l'Amazonie une des plus grosses capacités d'absorption de carbone au monde.
"Il faut apporter de l'aide au Gabon pour qu'on n'arrive pas à des situations où les populations se soulèvent et veuillent se faire justice", insiste Aimé Serge Mibambani Ndimba. Sinon, "des têtes d'éléphants vont tomber".
P.Mathewson--AMWN